Accéder aux études de santé en Île-de-France suppose d'abord de comprendre une architecture qui a beaucoup changé en quelques années, et qui va encore changer. Entre le PASS, la LAS, la LSPS et les préparations anticipées, les sigles se ressemblent et les règles diffèrent d'une université à l'autre. Voici de quoi s'y retrouver.
Le socle commun : les filières MMOPK
Toutes ces voies mènent au même endroit : les filières dites MMOPK — médecine, maïeutique, odontologie, pharmacie, kinésithérapie. L'accès se fait après une première année universitaire, sur la base des résultats obtenus et, selon les cas, d'épreuves orales d'admission.
Deux principes structurent l'ensemble.
Le nombre de tentatives est limité. Un candidat dispose au maximum de deux occasions de candidater aux filières MMOPK au cours de son cursus de licence. Cette règle explique pourquoi le choix de la voie d'entrée se réfléchit sérieusement : ce n'est pas un choix que l'on corrige indéfiniment.
Le nombre de places est déterminé localement. Chaque université fixe ses capacités d'accueil par filière, en lien avec l'agence régionale de santé. Les taux d'admission varient donc d'un établissement à l'autre, et d'une année à l'autre.
Le PASS : la voie spécifique
Le Parcours d'accès spécifique santé est la voie historique. La majeure y est constituée des enseignements de santé, complétés par une mineure dans une autre discipline.
C'est la voie la plus dense et la plus rapide. Elle convient aux profils scientifiques solides qui font des études de santé leur priorité. Sa contrainte : en cas d'échec, on ne recommence pas un PASS. L'étudiant poursuit dans sa mineure et peut retenter sa chance par la voie de la licence accès santé.
La LAS : la voie par la licence
La licence accès santé fonctionne dans l'autre sens. La majeure est une licence classique — droit, biologie, psychologie, STAPS, économie — assortie d'une mineure santé.
Elle s'adresse aux profils qui ont de bons résultats dans une autre discipline, ou qui souhaitent conserver une porte de sortie cohérente. L'année est moins concentrée sur la santé, mais elle demande de mener deux exigences en parallèle : réussir sa licence et absorber la mineure santé. Cette double charge est régulièrement sous-estimée.
La LSPS : la voie qui se généralise
La Licence Sciences pour la santé est le format vers lequel plusieurs universités basculent.
En Île-de-France, l'Université de Versailles Saint-Quentin a franchi le pas dès la rentrée 2026 : elle a supprimé le PASS et les LAS au profit d'un parcours unique en LSPS, organisé en deux parcours — Sciences et technologies pour la santé, et Rééducation-réadaptation. Les lycéens ayant passé le baccalauréat en juin 2026 sont les premiers concernés.
Une réforme nationale est annoncée pour la rentrée 2027. Elle amènerait les autres facultés franciliennes — Sorbonne Université, Université Paris Cité, Paris-Est Créteil, Sorbonne Paris Nord, Paris-Saclay — à faire évoluer à leur tour leur accès aux études de santé. Pour les lycéens actuellement en première et en terminale, cela signifie une chose simple : vérifier chaque année les modalités publiées par la faculté visée, plutôt que se fier à ce qui valait pour la promotion précédente.
L'année préparatoire et les parcours anticipés
Deux situations sortent du cadre.
L'année préparatoire, souvent appelée P0, s'adresse aux bacheliers qui n'ont pas obtenu de place en PASS ou en LAS à l'issue de Parcoursup, ou qui préfèrent consolider leurs bases avant de se lancer. Elle ne délivre pas de crédits universitaires : c'est une année de renforcement, avant une entrée l'année suivante.
Les parcours anticipés dès le lycée consistent à travailler en parallèle du programme de première ou de terminale les matières et la méthode qui seront attendues en première année. Ils ne dispensent d'aucune étape, mais ils réduisent le choc de la rentrée universitaire.
Le calendrier à connaître
Trois échéances structurent l'année d'un lycéen.
- Parcoursup, de janvier à l'été, pour formuler et confirmer ses vœux.
- La rentrée universitaire, début septembre, qui marque le début effectif de l'année sélective.
- Les résultats de fin de premier semestre, en janvier, premier point de repère fiable sur son classement.
Pour un étudiant déjà engagé, la fenêtre de décision se situe donc très tôt : les premières semaines de septembre déterminent souvent le rythme de toute l'année.
Se préparer : les différentes options
Face à ces voies, plusieurs formes d'accompagnement coexistent, et elles ne s'excluent pas.
Le tutorat universitaire, organisé par les étudiants des années supérieures au sein de la faculté, est gratuit ou peu coûteux. Il apporte des entraînements et une connaissance fine des attentes locales.
Les préparations privées proposent des supports actualisés, des concours blancs classants et un suivi individuel. Elles représentent un budget significatif, à mettre en regard de ce qu'elles apportent réellement : encadrement du rythme, correction régulière, préparation aux oraux. En Île-de-France, des structures comme Antémed Epsilon proposent des préparations calées sur le programme de chaque faculté partenaire, ce qui constitue le principal critère de pertinence : une préparation générique sur un programme qui varie d'une université à l'autre a peu d'intérêt.
Le travail en groupe reste, de l'avis général des étudiants passés par ces années, le levier le plus efficace et le moins coûteux.
Comment choisir sa voie
Quatre questions suffisent à orienter la décision.
- Quelle est ma matière la plus solide — scientifique ou non ?
- Ai-je un plan B qui me convient réellement si l'admission en santé échoue ?
- Quelle université est-ce que je vise, et quelles modalités applique-t-elle cette année ?
- Suis-je capable de tenir un rythme dense sans encadrement extérieur ?
Il n'existe pas de voie intrinsèquement plus facile. Le PASS n'est pas un raccourci et la LAS n'est pas une voie secondaire : ce sont deux formats qui conviennent à deux profils différents. Le meilleur choix est celui qui correspond à ses points forts, pas celui qui a la meilleure réputation.
